Tahmaseb Al-Reza, le guerrier perse.

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Tahmaseb Al-Reza, le guerrier perse.

Message par Tahmaseb Al-Reza le Lun 14 Sep - 22:52

Fiche de personnages - Vampires


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Nom : Al-Reza.
Prénom : Tahmaseb.
Age réel : Né en 347 av J.C., à ce jour 2 370 ans.
Age physique: 28 années.

Pouvoirs :

- Voyageur spacio-temporel :

Tahmaseb a le pouvoir de parcourir les vastes couloirs du temps. L'obscur labyrinthe des âges ne permet toutefois pas de se laisser aller à flâner au gré de ses envies. En effet, beaucoup de voyageurs temporels inexpérimentés ne reviennent jamais des âges reculés dans lesquels ils se sont fourvoyés. Etourdis, ils ne parviennent plus à situer avec exactitude l'année d'où ils viennent et s'épuisent à rôder dans des présents approximatifs jusqu'à l'effondrement. Le voyage retour est aussi éprouvant que le voyage aller.

Evidemment, le fait qu'un Voyageur se rende dans une époque qu'il a déjà traversée de son vivant est avantageux : cela revient à emprunter une route que l'on connaît déjà, se fiant à des repères ancrés dans notre mémoire. S'aventurer dans une époque antérieure à sa naissance relève d'un autre art et réclame force connaissances et prudence. Il en va de même concernant la géographie du lieu. A titre d'exemple, il est plus aisé pour Tahmaseb de visiter le passé du Moyen-Orient et de l'Eurasie plutôt que celui des Amériques. Son passé y a comme clairsemé des lanternes. Les vampires âgés sont alors favorisés, mais la vigueur des plus jeunes est plus endurante à l'aventure. De fait, deux vampires n'auront pas les mêmes facilités à visiter une époque en particulier, en fonction de leur âge et de leur passé respectifs.

Un voyage peut durer de quelques heures à plusieurs nuits d'affilées, parfois une semaine pour les époques de prédilection (par exemple Tahmaseb est particulièrement à l'aise dans la Perse antique pour y être né. A contrario, une pincée d'heures dans les Amériques antiques serait éprouvante). Chaque seconde écoulée dans le passé consume de son énergie, qui correspond évidemment au Sang dont il s'est nourri. Plus le sang est jeune, plus il est énergétique, aussi lui est-il arriver de sacrifier de jeunes enfants avant un grand voyage, pratiques auxquelles il ne se livre plus que très rarement aujourd'hui, généralement quand les circonstances de l'expédition sont graves (recherche d'un congénère dangereux, protection vitale d'une charnière historique) ou en cas de comportements autodestructeurs (Cela lui est arrivé une fois dans sa longue vie, un geste de désespoir à la perte de son frère Lysimaque. Cf bio).

Une fois toute énergie brûlée, le corps de Tahmaseb se retrouve exsangue, rendant impossible le voyage retour, d'où la nécessité pour les Epopéistes de se montrer extrêmement prévoyant. Le retour d'un voyage éreintant (qu'il s'agisse d'un long voyage facile, dans les époques de prédilection, ou d'une courte aventure, c'est à dire hors des sentiers battus) soumette Tahmaseb à ce qu'il nomme des syncopes temporelles. Ses syncopes peuvent se manifester durant plusieurs nuits après son retour dans le Présent. Elles se caractérisent par des vertiges temporels (Tahmaseb ne supporte plus de fréquenter les grands lieux historiques. Des bribes d'époques variées défilent sans ordre autour de lui, sur un mode hallucinatoire, remplissant sa tête de bruits et d'images mêlées. Alors il s'enferme dans son sarcophage enchanté pour échapper au tumulte) ou par des asthénies très marquées, qui ont déjà duré plus d'un mois.

Les Voyageurs, lors de leurs expéditions, sont libres d'interagir avec l'environnement et donc de modifier la trame temporelle, ce qui justifie l'existence de la Guilde des Epopéistes qui veille sur les grandes charnières de l'Histoire. Moult Epopéistes, jeunes initiés la plupart du temps, s'essaient à rafistoler les blessures de leur passé et se font entraîner dans le cercle infernal de ce que d'autres nommeront l'Effet Papillon.

Lorsqu'un vampire se retrouve piégé dans le passé, c'est à dire lorsqu'il a consumé toute l'énergie que lui procure le Sang (se retrouvant exsangue dans le Présent), il est condamné à revivre, dans ce passé, la même journée en boucle, jusqu'à ce qu'un intervenant (dans le Présent) le tue ou lui porte assistance (via un don de sang).

- Pyrokinésiste :

Est-ce sa foi en Ahura Mazdâ, issue de la religion mazdéenne, qui l'a dotée de ce talent ? Peut-être. Éduqué à entretenir les feux éternels dans ces temples ascétiques, juchés sur les falaises de roc qui surplombaient Persépolis, Tahmaseb a très tôt, dans son éternité, découvert les arcanes du Feu. Le Feu est une force qui l'anime tout entier, jusqu'au plus profond de ses veines. Il en a un usage quotidien et machinal, et a du apprendre à réfréner sa manifestation au vu et au su des hommes.

Groupe: Gouvernement des Cendres, allié de l'Equilibrium.
Est opposé au gouvernement : Non.
Fonction :
Gardien du Temps : Veille sur l'Histoire et ses éventuels détracteurs (souvent des vampires aux pouvoirs analogues), et peut intervenir dans des passés proches pour remédier à des catastrophes qui ont mis en péril le secret vampirique.


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Histoire


I - Persépolis.

Persépolis. Joyau de l'empire achéménide. Blottie dans les musculeux bras calcaire de Kuh-e Rahmat, ces montagnes sacrées dans l'esprit persan. Partout, des chapiteaux multicolores à tête de taureaux. Des bas reliefs fantasmagoriques envahissant murs et volées de marches. Des vantaux d'or, des odeurs d'aromates et de myrrhe. Des tablettes de pierre gravées de reliefs cunéiformes vantant les hauts faits des Rois. Une Porte de toutes les Nations, flanquée de ses deux taureaux ailés architecturaux, peinturlurée de couleurs éclatantes. Persépolis. Infinie terrasse à palais, piétinée par des ouvriers venus de toutes les satrapies de l'empire, depuis les tailleurs babyloniens jusqu'aux orfèvres d'Egypte, cernée par son entrelacs de jardins persans, par ses ruelles de ville basse, lacis étourdissant, encore vaporeux de la rumeur des marchés et de la poussière du désert qui siégeait autrefois ici, sur ces terres brûlées domptées par le génie des mages sorciers. Derrière les hautes murailles de minéral fauve, le cœur battant du plus grand empire du Monde.

Avec Persépolis, c'est le symbole d'une hégémonie toute entière qui s'en allait choir tandis que le pas sûr d'un jeune conquérant macédonien faisait trembler la poussière mordorée de la vallée de Marvdasht.

Le jeune Tahmaseb est né en 347 av J.C., au carrefour de cents cultures, à l'apogée d'un règne et au crépuscule d'une guerre qui allait transfigurer pour longtemps le visage de l'Eurasie. Né d'un dignitaire de Bactriane et d'une esclave d'Arabie morte en couche, dont il prélèvera tardivement le nom, Tahmaseb voit le jour à Persépolis même, au cours d'une fête religieuse qui enchante les oracles. Il est un garçon turbulent. Jeux d'épées, courses échevelées le long des canaux qui fertilisent ces terres brûlées, ascensions des montagnes rouges et chevauchées éperdues par monts et par vaux composent son quotidien.

Homme de bon aloi, il s'illustre rapidement aux yeux des chefs de guerre. Par ses qualités de bretteur et son sang froid impitoyable, il fait un officier exemplaire et ouvre les campagnes de Darius III, galopant bien au devant des portes-bannières. A son père, il confie éprouver une terrible frustration à porter les stratégies pacifistes de son Roi et se recueille auprès du dieu du Feu quant à l'origine de sa violence. Ses bataillons se contentent de parader dans les cités conquises sans avoir à tirer le sabre au clair, y préférant des pactes complaisants. Tahmaseb assume froidement son poste de guerrier reconverti en collecteur d'impôts et de messager. Qu'à cela ne tienne, les rumeurs de l'Occident, bientôt relayées par le tout venant, du mercenaire Grec jusqu'au marchand Assyrien, s'embrasent quant à la venue d'un nouvel adversaire. Chaque endroit populeux, bazars, caravansérails, place palatine, grouillent des exploits d'un jeune fils de Zeus aux ambitions qui n'ont rien à envier à Achille.

Bientôt, les rumeurs se cristallisent sur des faits. Les garnisons du Macédonien ont franchi le Granique et pullulent par l'Asie Mineure depuis laquelle ruent des émissaires, rapportant la reddition de villes telles que Sardes, capitale des provinces maritimes, Halicarnasse, Milet... C'est sous le titre d'officier que Tamhaseb prend les armes et part en Cicilie, sous le commandement de Darius en personne, pour affronter les Macédoniens au sud d'Issos, dans des étroits défilés de montagne qui condensent la bataille en un ruban grouillant.

II - Campagne d'Alexandre le Grand.

L'armée perse est mise en déroute. Le Roi abandonne son proverbial char d'or pour s'enfuir, laissant mère, épouses et filles aux mains de son belligérant. C'est à l'issue des éclats que Tahmaseb jure loyauté envers Alexandre, à la fois captivé par des rêves de conquête et de bataille, par la grandeur et la vertu du Macédonien qui lui fait honorer ses captives persanes d'égards dignes de leur rangs et non sans nourrir, il est vrai, quelque rêve de délivrance pour la Bactriane de son père, elle-même plongée dans des velléités d'insurrection contre la monarchie de Darius. Ainsi rejoint-il le contingent du Conquérant, lève l'épée contre les siens dans la vallée de Gaugamèles sous la bannière des Hellènes. Ainsi guide t-il les troupes ennemies par les montagnes et les déserts de Babylonie. Ainsi assiste t-il au sac et à l'incendie de Persépolis, sa ville natale, impuissant, plongé dans ces névroses tortueuses qui peuvent habiter un transfuge. Il s'entend crier au traître dans chaque regard, observe ses mains maculées du sang de ses frères, tandis que les belles valeurs qui l'ont détourné de sa patrie noient dans le vin et l'orgie. Ces tourments ne dureront qu'un temps, eu égard l'amitié qui lie maintenant Alexandre à son général Perse. Tahmaseb continue d'honorer ses dieux sans rougir, au vu et au su de tous les grecs, thessaliens et macédoniens à grossir les rangs. Le Roi de Macédoine porte l'empreinte de plus en plus marquée des us et coutumes qui animent les cités qu'il agenouille, si bien que ses gens restés au pays commencent à discuter la valeur de sa fidélité envers son pays. L'armée d'Alexandre se transforme peu à peu en un empire mobile et apatride, caméléon et insaisissable, quand bien même il demeure quelques soldats fidèles aux mœurs grecques, qui se contentent d'observer sans desserrer la mâchoire. Ils seront par ailleurs sans doute ceux qui, à la mort du grand Roi Macédonien, se hâteront pour accuser le Perse de haute traîtrise et d'empoisonnement.

Alexandre mène son armée par les infinies satrapies perses, par la Bactriane et la Sodgiane jusque dans les vallées verdissantes de l'Indus, trouvant les abîmes boueux du Gange comme seule ligne d'arrêt. Les troupes sont fourbues des combats, ankylosées par le luxe et la volupté qu'apporte le triomphe sur un empire bâti d'or et de palais aux couleurs paradisiaques. Les éléphantesques armées indiennes se mêlent à des périodes de disette et de moussons pour achever là les prétentions du Conquérant, désormais parti pour unifier le plus grand territoire du monde. Les troupes rebroussent chemin. Alexandre offre à marier une princesse perse de haute extraction à Tahmaseb comme à tous ses fidèles amis, épousant lui-même la fille de Darius. La ville de Suse se transforme pour quelques mois en un festival de noces fastueuses. Une maigre période de répit qui allait précéder un âge de déchirement.

Alexandre périt dans le palais de Nabuchodonosor, entraînant mille murmures et chuchotis. Certains s'attachent à suspecter légitimement Tahmaseb, qui aurait couvé des desseins de vengeance.  Une juste repentance à l'égard de son Roi déchu et de la destruction de la sublime Persépolis. Mais quelques généraux devenus de chers amis, dont Ptolémée Ier qui prendrait bientôt la régence de l'Egypte, ne veulent pas douter de sa déférence et le défendent farouchement.Victime d'un complot alors qu'il convoite un territoire s'étendant de la Babylonie à la Bactriane, Tahmaseb est assassiné avec son épouse Sisygambis II et leurs trois filles.

III - La dynastie de Ptolémée.

Le guerrier Perse est étreint in extremis à l'aube de ses trente ans, laissé pour mort sur la scène politique. Condamné à oublier ses prétentions depuis le tombeau, il se rapproche de son ami Ptolémée et contribue à la défense de l'Egypte comme à l'espionnage des satrapies de Haute Asie et de Perse qui croulent sous le joug de Séleucos, l'un de ses détracteurs, qui a bien évidemment fait main basse sur le territoire pour lequel ils s'entre déchiraient. Une période ardue qui éprouve de sa raison et de sa foi en Ahura Mazdâ, alors que le monde des ténèbres se révèle dans toutes ses abysses.

Lors de ses premiers siècles, Tahmaseb déploie tout son génie militaire à défendre l'Egypte sous la dynastie Lagide, forte des descendants de son ami Ptolémée. Il veille sur eux, s'assure de leur pérennité et passe ainsi plusieurs décades à régenter des régions limitrophes et épineuses d'administration. Cela ne durera qu'un temps. Pendant trois siècles, le guerrier Perse, attaché au souvenir de son ami mort en sage, défendra comme un lion les intérêts de l'Egypte. Toutefois, son poste d'officier le pare d'une cuisante impuissance alors que des querelles intestines morcellent la famille, alors que le poison, la décadence, la corruption et la paresse empoisonnent la Cour Royale, guère plus apte à gérer les révoltes indigènes. Sur ses entrefaits et après des longues années de deuil passées à déplacer des montagnes pour un brin de vent, le Perse tire sa révérence, profondément écœuré par les travers de l'humanité.

IV - Premier pas dans l'Ordre des Epopéistes et ascension de l'Empire Sassanide.

Tout naturellement, il retrouve le chemin des envoûtantes cités de ses ancêtres. Ispahan sortira bientôt de terre. Là aussi, bien que conservant des stigmates de l'occupation grecque, l'égide des généraux d'Alexandre a volé en éclats. Tandis que les Romains font la conquête de l'Egypte dans son dos, des Barbares descendants des Scythes s’accaparent sous ses yeux les territoires perses, devenu un lambeau de désert croqué par une série d'usurpateurs. Pour la première fois, le guerrier Persan éprouve ce vertige du temps qui passe à l'allure d'un oiseau de proie. Pour la première fois, il se sent perclus et dépassé par ce grouillement d'hommes bruyant, par cette danse de massacres et de pillages, par ces orgueilleuses conquêtes mal nommées qui se dévoilent d'éphémères occupations.

A trois siècles passé, Tahmaseb se détourne un temps des mortels pour rejoindre ses mentors au cœur d'une confrérie ancestrale, celle des Epopéistes, issue de l'antique Mésopotamie. Redoutables voyageurs temporels, ils furent alternativement soudoyés pour piper les dès du temps comme pour se faire les gardiens de cruciales charnières historiques, dont la conquête d'Alexandre le Grand. Guilde âgée de deux millénaires, installée dans le bassin méditerranéen, on pourrait l'assimiler à une grande famille de voyageurs temporels, qui ont souvent des parentés entre eux. L'union de ses membres avait pour but originel de répudier les crimes des leurs, puis alors que la population de Caïn croissait à l'aune de celle d'Adam, leurs missions se sont diversifiées. Tahmaseb, qui à cet âge maîtrise parfaitement les arcanes de la pyrokinésie et en a embelli son art martial, nimbant de déflagrations spectrales, bleutées et orangées, les coups d'estoc et de taille de son sabre oriental, n'en est encore qu'à expérimenter les balbutiements des voyages temporels. Ses maîtres le laissent se heurter à quelques irréductibles écueils pour qu'il comprenne. Aussi le Guerrier s'essaie à remonter le temps jusqu'à sa vie mortelle, afin de sauver Sisygambis de la javeline de Séleucos, d'avertir Alexandre quant à la lueur pernicieuse de son échanson, de prédire à Ptolémée la désuétude à venir de sa lignée. A la moindre intervention qu'il opère, les conséquences sont cataclysmiques. Tahmaseb passe des années entières à raccommoder l'Histoire, à repriser ses bévues, rêvant à un dénouement parfait. Mais les fils de la trame finissent toujours par lui échapper et d'insignifiants détails se lèvent des ombres pour balayer à chaque fois ses scénarios prédictifs. Longtemps, il s'acharne et recommence, tout à la hargne qui lui a fait conquérir le monde. Une fois à bout d'énergie, ses maîtres viennent le trouver pour lui dispenser une première leçon : Ce qui est fait ne peut être défait. L'Histoire est cousue de fils d'or. L'Histoire est sacrée. L'Histoire est de toute vengeance lorsqu'elle est défiée.

Gagnant en sagesse, à moins qu'il ne s'agisse d'indifférence, cette exiguë relation avec le Temps lui fait grâce d'une quiétude bâtie de fatalité. Le Perse fait la traversé des siècles, serti d'un regard changé, accepte ce que la nuit a à lui offrir sans rien attendre des siècles à venir. Après avoir appris de ses semblables et goûté aux vertiges du Temps, il pose derechef un regard sur le monde des hommes. Il veille sur son peuple, louvoie dans le paysage politique, rehaussant les sages paroles de conseillers quand son inclination pour la bataille ne l'envoie pas grossir les rangs d'Adarchêr Ier. Bras droit de la dynastie Sassanide, il replonge un peu malgré lui dans cette course échevelée à la puissance qui anime les empires du vieux continent. Il marche contre les Parthes, déjà affaibli par les empereurs romains qui infligent à l'Est de la Mésopotamie un ressac continuel de glaives et de boucliers, minant Bagdad, Séleucie du Tigre et Ctésiphon. Le sang des derniers héritiers barbares ensanglantent le sable d'or et la rocaille grise, mais Tahmaseb sait qu'il n'existe ni guerre ni cité que le désert et le Temps ne peuvent engloutir.

V - Défense de l'Empire Sassanide par les routes de la Soie. Mille et une vies.

Il est de ceux qui arpentent inlassablement les routes de la Soie et du Parfum, pris en tenaille entre les Romains et l'Empire des Hans, lequel déverse aux mains des commerçants un peu de cette étoffe à la finesse aquatique qui inspirera les rhapsodes, attisera les mystères et engendrera les légendes. Il voyage jusqu'au bout du monde, à travers les déserts continentaux du Gobi et du Taklamakan, à l'ombre de la Grande Muraille de Chine jusqu'à Chang'an, faisant étape par les oasis, caravansérails, petites villes marchandes fourmillant d'ethnies, des croyances et de musiques. Il séjourne le temps d'une vie à Sarmacande et s'initie aux sciences de ses astronomes, à Boukhara, Antioche, Tyr, Palmyre et à Byzance. Il se fait ambassadeur de ses Rois et préside à d'innombrables collisions entre Romains et Sassanides dont les escarmouches rouges ne trouveront jamais grand vainqueur. Il retrouve les chemins d'Alexandre avec une nostalgie amère, alors que les Rois Perses redessinent les pourtours de l'empire Achéménide et porte la culture persane et le Zoroastrisme à son apogée. Tahmaseb veille au joug de son Roi là où le vent du désert et celui des plaines le porte. Au terme de l'un de ses voyages qui durera plusieurs années, le guerrier éprouve ses premiers vertiges temporels, traversant des nuits hantées de visions tout droit sorties de l'Histoire engloutie. Son sabre boit déjà le sang d'un millénaire de carnages. Le long de sa lame courbe et gravée, les écritures orientales miroitent des éclats rubiconds qui ne sont sans invoquer la teinte profonde des batailles. Sodgiane, Bactriane, montagnes oranges jusqu'aux confins de l'Indus, l'épéiste guerroie pour la gloire de son empire. C'est semble t-il une fièvre terrible qui le pousse à explorer, à pourparler et à massacrer, transcendé par une ardeur sans cesse renouvelée. Tahmaseb traverse à plein galop l'âge d'or de sa condition vampirique : Non seulement il use de ses secrets d'immortel avec une expertise toute empirique, mais en sus sa puissance parvenue à son acmé se révèle chaque nuit une véritable apothéose de feu et de fer. Il devient une pièce maîtresse du corps expéditionnaire, la pierre angulaire des stratégies de guerre. Si jadis, la pureté de l'esprit humain et la lumière de la fougue adolescente l'ont conduit à chevaucher au coté d'Alexandre et à sombrer avec ses diadoques, c'est une autre énergie redoutable que Tahmaseb met à disposition de l'empire Sassanides. Jamais il ne défendra plus longtemps, plus fidèlement, porté par une puissance despotique, un autre empire.

De guerres en guerres. Défendre des frontières qui dansent comme les serpents des hypnotiseurs Indiens. Repousser les invasions arabes qui émergent de l'Occident. Parfois, rendu fou par cette cacophonie, criblé par une pluie de grenaille, de râles, de rouge, de cendres, les yeux injectés par le morfil des lames croisées, hanté par le silence qui sonne le glas des batailles, le guerrier ressent un besoin d'ermitage. Les montagnes du Caucase, les vallées de l'Euphrate et celles de l'Oxus n'offrent plus asile assez lointain. Tahmaseb a besoin de partir loin, de marcher sur l'horizon, de fouler la terre de pays où il est un étranger libre d'agir sans entrave idéologiques. Il mène alors plusieurs vies, fait la rencontre de surprenants personnages qui deviendront parfois des amis, des amours, des infants, de redoutables ennemis.

Un millénaire est passé. Des quelques immortels auxquels il a mêlé son destin, une pincée famélique a traversé le millénaire. Beaucoup d'entre eux sont passés de vie à trépas, plongeant le perse dans l'affliction du deuil. Certains, accusant le défilement insensé du temps et du monde, ont sombré dans une folie qui les a rendue déments et suicidaires. Tahmaseb trouve un exutoire sacré dans l'art de faire la guerre, dans les sciences de l'espace et du temps, mais aussi dans le lien qu'il entretient avec son frère de sang, Lysimaque, ancien général d'Alexandre également. Tous deux poursuivent leurs apprentissages auprès des Epopéistes, assistant aux ébats de civilisations primitives comme aux étincelles qui animèrent les premiers ustensiles de l'âge du bronze. Parfois, ils se bornent à quelques écueils que leurs précepteurs nomment des nœuds temporels. Ainsi, porté par l'action, Tahmaseb se retrouve t-il bloqué à l'âge des guerres médiques sans alternative de retour, n'ayant pas anticipé l'énergie que lui coûterait un retour au Présent. Un chapelet de naufrages lui apprend les nombreux dangers de l'Histoire, la sagesse, le calcul et la prudence qu'elle requiert lorsqu'on se hasarde à la manipuler.

VI - Vies dans les steppes d'Asie centrale, auprès des hordes nomades, puis au cœur de l'empire du Milieu.

Alors que les routes commerciales s'intensifient, le Perse continue de voyager, sinon dans le temps, du reste dans l'espace qui recouvre la planète bleue. Il écoule des vies entières dans les steppes d'Asie centrale, assiste aux déferlantes de Gengis Khan, puis aux razzias de Tamerlan, accomplit une vie humaine au coté d'une amazone scythe qui lui apprend à dompter ces farouches chevaux du pays du Grand Ciel Bleu et à chevaucher comme un démon. Souvent, sa foi première vacille et se tord au gré des croyances de ces familles qui l'accueillent un temps. Tahmaseb goûte à des vies sauvages, peuplées de chamans qui l'initient au secret des nuées. Plus tard, il vivra la chute des dynasties Yuan, puis Ming, enrichira sa pratique du sabre de techniques développées parmi les sombres bushi de l'ère Heian. Devenu particulièrement redoutable dans la croisée des fers, il loue ses services à d’innombrables familles princières ou issues de la haute aristocratie, depuis les lisières de l'empire romain jusque dans les montagnes enneigées du japon féodal. Ainsi est-il toujours aux premières loges pour observer les batailles, les conquêtes, les découvertes qui balafreront le monde, et sans doute son double n'est-il pas de toute innocence là dedans. Il s'agit d'un messager venu du futur qui, respectant les drastiques lois de son clan – qui prohibe toute prophétie et ne permet que de vagues suggestions fumeuses – vient lui dispenser quelques frugaux indices afin d'aiguillonner ses pas hasardeux.

VII - Errances d'Immortel et vertige millénaire.

Parfois, Tahmaseb ressent le besoin de renouer avec ses racines, de faire relâche le temps de quelques années. Il possède une immense propriété, véritable petit complexe palatin dans les alentours de Yazd. Il s'agit de l'une des prestigieuses étapes des routes de la Soie, oasis cernée de déserts caniculaires, fief connu encore aujourd'hui pour l’opiniâtreté de sa communauté zoroastrienne. Chez lui, jardins persans aux rumeurs d'eau vive, langoureuses notes de luth et prose du Shâh Nâmeh égrainée par les lèvres grenades de ses conteuses, cascades d'or, parfums d'aromates et de myrrhe. Ses infants vont et viennent, ses concubines se succèdent, certaines favorites se démarquent, la furie des siècles les balayent toutes. Au loin, silhouettes austères juchées sur le surplomb des collines, les tours de silence résistent aux tempêtes de sable tandis que les chairs d'êtres aimés se voient déchiquetés par les vautours. Cet endroit, qui garde l'empreinte fantomatique de son passé, Tahmaseb y a élu domicile et finit toujours par y revenir entre deux errances d'immortels. Il y trouve la paix, quand bien même la cité baigne dans le tumulte continuel de tensions religieuses ainsi que du négoce d'épices, de soieries, de poudre à canon et d'imprimerie. Les caravanes de chameaux se succèdent sous le chant du muezzin tandis que les marchands se ruent dans les salons de thé pour conter leurs démêles avec brigands et barbares de tout poils. L'épéiste les accompagne parfois, au nom de vieilles amitiés poussiéreuses. C'est à cette époque, après la dissolution du dernier empire Perse qu'il se retire de la scène politique de ces éminences qui régissent le monde éphémère et instable des hommes, vivement encouragé par ses semblables. Avec du recul, ces torrides batailles lui font l'illusion de fourmilières fiévreuses, non sans le piquer d'un épuisant sentiment d'impuissance.

Gardant un oeil sur ses descendants, le Perse s'affaire plus pleinement à comprendre et à se consacrer aux idéaux de sa Confrérie. Il découvre qu'il existe plusieurs clans, plus ou moins coalisés, qui défendent l'unité et l'harmonie du monde contre la vanité de quelques engeances isolées que la soif de pouvoir rend inconsciente. Les vampires disposent de telles capacités, impactant parfois sur les lois fondamentales du monde que sont le temps, l'espace, la gravité, la lumière et la matière, qu'alors cet équilibre que les mortels tiennent pour acquis se révèle être l'oeuvre minutieuse de ces sentinelles. Bien loin de tenir des desseins pacifistes, les Epopéistes oeuvrent seulement à éviter l'abîme et le chaos. Leur première mission est de panser et gommer les faits grossiers de leurs semblables insensés. Alors, les batailles territoriales des hommes tiennent lieu de querelles vétilleuses. Tahmaseb a l'impression de seulement découvrir cette guerre invisible qui court depuis les origines du monde, depuis la naissance des premiers Immortels, trop longtemps absorbé par le chocs de ces empires qui attisaient le spectre de son passé. Ses maîtres semblent l'avoir laissé tâtonner à dessein afin qu'il se forge une identité solide et un mental à l'épreuve des avaries que connaissent les vies d'âmes millénaires. Alors, il enchaîne plusieurs missions à travers l'Europe et l'Asie, remonte les jours et les semaines pour empêcher quelques insanies publiques et irréversibles.

Entre deux expéditions, il retourne en Perse et défend les destinées périlleuses de ses infants. Le guerrier ne prête qu'un intérêt erratique aux conflits qui crénèlent les frontières de la Perse des Séfévides, d'ores et déjà tombée sous l'influence de ceux qu'ils combattent avec tant d'ardeurs. Ces brillants sultans ottomans avec qui ils partagent bien plus qu'ils ne peuvent l'imaginer, au grand dam de leurs lointains aïeux... Parfois, l'ancien guerrier persan semble pris de remords et surgit derechef dans la hiérarchie militaire pour mieux en disparaître à l'issue d'une sanglante campagne. Mais Tahmaseb ne se méprend pas. Il s'agit là autant de patriotisme résurgent que d'assouvir l'inextinguible soif de sang que réclame le Prédateur qui vit en lui, et qui lui permet d'occire avec une aisance barbare. Sans doute est-ce parce qu'il assume et abreuve ses pulsions monstrueuses que Tahmaseb semble épargné des vésanies qui happent l'âme de congénères plus humanistes. Une seule incartade cependant qu'il brille de fiabilité aux yeux de ses mentors, alors qu'il atteint l'âge canonique de 1800 années. Il apprend la disparition de Lysimaque dans un nexus temporel. Après plusieurs expéditions acharnées et non moins infructueuses pour le retrouver, le Perse, soudain las, écrasé par un effroyable sentiment de solitude et un dédain vertigineux pour ces tiraillements infimes qui rident à peine le visage du monde, se demande à quoi bon. L'un de ses plus jeunes infants, Sehzade Bayezit, prince ottoman bafoué et honni, retient un geste fatal et ramène son Sire à la raison. Jamais Bayezit ne révélerait au monde cette lugubre déroute.

Pendant plusieurs décennies, le Perse déploie des trésors d'imagination dans la recherche active de son vieil ami macédonien. Parfois, ses voyages temporels s'éternisent et le rejettent pantelant et exsangue sur les rivages du Présent. Ses fonctions s'étoffent du coté des Epopéistes, et le voilà à ouvrir les voies du Passé à de fringuants voyageurs de sa lignée, lui qui connaît si bien les cahoteux itinéraires de l'Histoire, ses abîmes et ses hauts-fonds. Plus que jamais, Tahmaseb s'oublie dans le combat. Son épée, fidèle compagne des siècles écoulés dont la danse écarlate l'arrache à des émotions trop encombrantes, tranche des gorges et des têtes pour lui permettre de garder la sienne froide, bien ancrée sur ses épaules, loin des gouffres de la folie.

VIII - La petite porteuse d'eau.

Tahmaseb voyage beaucoup en Asie, sans doute guidé par les fantasmes d'Alexandre. Il fait de nombreuses escales en Inde, pays des jungles et des éléphants, auprès des communautés Parsis où prospèrent quelques uns de ses descendants, de ceux qui ont fui l'envahisseur pour continuer de pratiquer le culte du feu dans ces contrées vertes et bienveillantes. C'est en rendant visite à Ajay, un arrière petit infant réputé pour sa tyrannie, que le guerrier fait la rencontre d'une petite porteuse d'eau. Son existence n'est qu'un fétu de paille, pourtant ses grands yeux sombres ont une profondeur qui abriterait volontiers tous les secrets de l'Histoire. Il paraît que l'après-midi, tantôt près des fontaines, tantôt à l'ombre des arbres fruitiers, la voilà qui écoule les péripéties de son imaginaire, subjuguant l'assistance. Certaines femmes superstitieuses racontent que les jours s'inspirent des contes que porte sa voix fluette pour faire éclore les événements. Ajay y porte du reste une inquiétante considération. Vous êtes en retard, lui a t-elle murmuré, assise sur les premières marches de la maisonnée alors qu'il venait de franchir en grande pompe les vantaux de la résidence, suivi de ses gens. Il s'était arrêté l'espace d'un instant pour l'observer, alors même qu'il était seul à avoir perçu cette voix presque dérobée par les massifs venteux des grenadiers. Une longue minute, ils s'étaient scrutés, ignorant les lads qui accouraient, ignorant le piaffement de son pur-sang trop coutumier des vastes déserts dégagés, ignorant l'effervescence qui montait dans la cour... et puis Tahmaseb avait gagné ses quartiers.

Comme si Ajay avait perçu ce trouble et comptait bien s'en servir, il met la mystérieuse Nayantara, esclave de sa condition, à la disposition de son aïeul. Un lien étrange naît entre la petite porteuse d'eau et le guerrier millénaire. C'est cette dernière qui lui révèle les plans scabreux de son descendant, qui entend bien préciser la longue existence de son aîné afin de voir l’expansion de son domaine. Il meurt sans couronne, de la plus abjecte manière. Le fil de la lame du Perse n'est pas avide de ce sang là. Ainsi le patrimoine d'Ajay tombe aux mains de ses frères ; biens, femmes et esclaves, à l'exception de la petite porteuse d'eau qui se volatilise avec l'assassin. Si Tahmaseb a connu beaucoup de femmes par le passé et partagé des romances de plusieurs décennies, voire siècles au coté de certaines, Nayantara demeure à ses yeux un mystère jamais tout à fait révélé. Son esprit a quelque chose de l'oiseau qui vient se percher sur l'épaule de l'aiglier kazakh. Dévoué, palpable, aussi réel qu'une extension de son propre corps, et puis il s'évanouit la seconde suivante, épris de vent, de montagnes et de nuages. Ainsi, l'indienne disparaît parfois sans crier gare, menée à la bride par les inspirations haut en couleur qui peuvent aviver les pensées d'une conteuse. Si lors de ses premières fugues, errances – il ne sait comment qualifier précisément ces sursauts – Tahmaseb conçoit de la surprise, de l'incompréhension et parfois du tourment, faut-il bien l'avouer, il finit par respecter ces obscures initiatives sans leur poser plus d'entrave qu'une vague et sécure surveillance. L'amour qui lie ces deux âmes, aux antipodes l'une de l'autre, évoque un continent qui concilie marées et volcans. Tahmaseb fait un pied de nez au Temps et lui ravit la belle indienne dans la fleur de l'âge. Le monde leur appartient. Le guerrier re découvre le monde, le turquoise des océans, l'immensité du ciel, le murmure des djinns et les tempêtes de sable, les murailles des forteresses séculaires et l'ondulation des herbes que fauchent les galopées des jeunes fous, avec des yeux nouveaux, sertis de l'éclat vif de ses premiers jours. Leur union est faite de sérénité et d'évidence. Les ultimes résistances du Perse, qui s'enfermait alors dans des sarcophages enchantés lors de ses torpeurs maudites, se lézardent année après année. La première fois qu'il lâche prise dans les bras de Nayantara, c'est l'esprit infusé de contes, sans avoir ourdi l'aurore qui s'approchait sur la pointe des pieds, profitant de sa distraction pour lui infliger la torpeur. Bien sûr, leur union n'est pas que ce long fleuve tranquille que certains se figurent. Ils connaissent des tensions et des différends. Y figure la mort d'Ameneminet, suave égyptienne, infante du perse, ancienne compagne et mériteuse orfèvre qu'il avait emené dans les montagnes afghanes, auprès des filons de cornaline et de lapis-lazuli dont elle se servait pour ériger les masques funéraires de ses pharaons. Nayantara l'aurait empoisonné, et le doute planera éternellement quant à sa réelle culpabilité au sein de la grande famille Al-Reza, quand bien même Tahmaseb finit par croire en une rodomontade mal tournée. Le deuil n'en est pas plus aisé.

IX - Ascension chez les Epopéistes et effervescence mondiale.

Ils engouffrent les siècles, se perdent en longs voyages. Leurs sens se confondent à ce point que Tahmaseb a l'illusion d'une deuxième vie, encore immaculée de découvertes lorsque Nayantara est à ses cotés. Il met à profit toute son expérience millénaire pour la guider dans les dédales de l'éternité. Cependant, malgré ce second souffle apporté à sa vie, il conserve un lien plus qu'étroit avec les Epopéistes et voit ses responsabilités enfler. A deux millénaires révolus, il fait alors parti des piliers fondateurs de son Ordre et assiste au déclin de ses vieux maîtres, tel Synès, un ancien cavalier nomade qui revendiquait appartenir aux Cimériens, ancêtres des Scythes, eux-même ancêtres des Perses, de quoi donner le vertige. Le brave immortel avoisine les quatre millénaires, et s'il connaît mieux que quiconque les itinéraires enténébrés de l'Histoire, sa force réduite en peau de chagrin ne lui offre plus guère que l'opportunité de brèves cavalcades sources de frustrations. Il préfère se retirer auprès des siens, laissant à l'oeuvre les générations montantes. Funeste instant pour Tahmaseb que d'observer son aîné rendre les armes à défaut de mourir, fourbu de ces mille vies, laissant présager que l'Eternité n'est bel et bien qu'un mirage. Que même le soleil, les planètes, ainsi que chaque étoile à enorgueillir la voûte, s'éteindra doucement un jour.

La découverte des Amériques, qui attisent à nouveau la soif des conquêtes et de la grande Inconnue. La prise de Constantinople. Les grandes expéditions, terrestres et circumnaviguations. L'expension inaltérable des Ottomans. Bagdad prise, à jamais. Le temps des comptoirs Occidentaux. Tahmaseb se fraie chemin dans ces transitions inflammables, tantôt porté par son Ordre, tantôt par les voyages qu'il partage avec celle qu'il a épousée. Nayantara voue une fascination pour les jungles luxuriantes et cela sied à sa nature murmurante. Cela les mène dans les profondeurs verdoyantes de l'Inde et la Chine, mais aussi dans les taïgas du Nord, plus tard dans les secrets de l'Amazonie, parmi les oiseaux multicolores des continents que révèlent les caravelles des grandes expéditions maritimes. Lui, garde ses émois pour les déserts continentaux et hostiles de ce qu'il nomme aujourd'hui sa jeunesse. Taklamakan. Kyzylkoum. Karakoum. Gobi. Dasht-e Kavir et Lut. Il en conserve du reste son vieux coursier niséen, un antique pur-sang du désert qui fit couler, il y a fort longtemps, l'encre de vieux auteurs grecs qui comparaient leur gabarit à celui des éléphants, quand les émissaires chinois évoquaient auprès de leurs empereurs ces chevaux célestes qui suait le sang.

La Perse, parcellaire, voit des fragments entiers de son empire se désolidariser tels ces icebergs de leur banquise primitive. Bientôt, les guerres épiques se changent en accords et en traités. Les signatures se substituent à l'étincelle des lames. Les armes à feux supplantent définitivement les arts de la guerre lorsqu'il s'agit d'affront entre deux états, maintenant délimités par des frontières politiques, théâtre de rançons et de pot-de-vin quand jadis il n'existait que des ethnies fortes de leurs cultures, lointaines de steppes et de montagnes. Par amour pour l'épée et le sabre, Tahmaseb continue à enrichir sa pratique là où les arts de la lame flamboient encore de tous leurs feux, notamment en Extrême-Orient. Ainsi écoule t-il une vie longue de cent ans, immergé dans les classes samouraïs de l'Ere Edo, se faisant redoutable assassin quand Nayantara glisse son ombre féline dans les nuits chinoises. Cette vie lui offre à diversifier ses techniques comme à enseigner les subtilités du combat. L'un de ses notoires infants, Shingen Isami, est l'un de ses élèves avant de s'ériger au rang de puissant daimyo, vivant aujourd'hui dans l'un de ces châteaux reculés, animé de son mythique parquet du rossignol, cerné de cerisiers et de bambouseraies dans lesquels les batailles se parent d'éclats surnaturels.

X - Capitale des Ombres et des Lumières.

Aujourd'hui, peut-être le temps de quelques années, les voilà à fouler le pavé parisien. Alliés naturels de l'Equilibrium, les Epopéistes adhèrent pleinement à l'hypothèse que le secret vampirique révélé conduirait le monde des hommes au chaos. Certains activités telles que l'esclavagisme des mortels ou encore les prêches publiques prônant l'hégémonie des vampires sont leurs premières cibles. Leur politique est celle que les Immortels doivent agir avec discernement afin de ne pas dérégler ces lois fondamentales qui sous-tendent le Monde. Suite à un énième conseil, plusieurs hautes figures des Epopéistes sont disséminées aux quatre coins du globe afin de veiller leur précieux flux temporel. Convaincre Nayantara, âme sauvage plus coutumière de l'enfer vert que de la jungle urbaine, n'a pas été une mince affaire. Paris est à l'opposé de tout ce qui leur ressemble. Mais Paris est une fourmilière qui appelle à une vigilance accrue, Paris est un front qui ne peut être délaissé, eu égard les puissances qui y convergent.


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Dernière édition par Tahmaseb Al-Reza le Dim 20 Sep - 20:33, édité 1 fois
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Message par Ilyas Tanakis le Dim 20 Sep - 12:12

Bienvenue sur le forum, guerrier !

Quel plaisir de pouvoir compter sur ce genre d'allié d'envergure ... La fiche est un régal, l'histoire passionnante, et je ne peux que te souhaiter un avenir digne des grandes épopées que tu as déjà connues ;)

Les accès te sont ouverts, au plaisir de te lire !
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Message par Tahmaseb Al-Reza le Dim 20 Sep - 14:34

Mille merci Ilyas ! Pour la validation et pour les compliments !

Le plaisir est tout partagé. Nous aurons sans doute l'occasion de partager de trépidantes missions ! :clap:

*s'en va galopant vers de nouvelles aventures*

:rp:
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Re: Tahmaseb Al-Reza, le guerrier perse.

Message par Jorgen Anders le Dim 20 Sep - 18:25

Pardonne-moi de te souhaiter la bienvenue avant de lire ta fiche, qui semble très prometteuse et à laquelle j'apporterai bientôt toute mon attention.
Mais, c'est un plaisir de t'accueillir parmi nous ! Au plaisir ;)
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Jorgen Anders

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Re: Tahmaseb Al-Reza, le guerrier perse.

Message par Sanjivani Mohana le Dim 20 Sep - 20:11

*le regarde*

mouais ...

*repart*

je déconne tu sais déjà tout le bien que je pense de ce superbe Pers(e)o :D vivement que je puisse le croiser ! What a Face
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Sanjivani Mohana

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Message par Tahmaseb Al-Reza le Dim 20 Sep - 20:28

Ne t'excuse pas d'être accueillant ! Merci beaucoup pour ton intérêt, scalpeliste, et ce sera avec plaisir que je croiserais ta route !

Quant à toi la maraude... couchée ! Si personne ne s'est dévoué pour t'inculquer le respect des aïeux, sache que je me porte volontaire avec grand plaisir. Une bonne oeuvre pour mon karma indien ! (Merciii)

A très vite. :epee:
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Message par Nayantara Al-Reza le Dim 20 Sep - 20:58

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Message par Tahmaseb Al-Reza le Dim 20 Sep - 22:00

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